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Sur la route de la victoire !

Publie le 03/09/2022

Alors que les animations battent leur plein sur le village à Royan, le programme de cette dernière journée à terre est assez copieux pour les skippers ; une dernière matinée consacrée à la récupération et aux sollicitations médiatiques. Après consultation des prévisionnistes de Météo Consult et du corps arbitral, OC Sport Pen Duick, l’organisateur de La Solitaire du Figaro, et son directeur de course Yann Chateau, ont entériné le parcours de cette 3ème et ultime étape. Dès lors, tous les marins doivent maintenant déterminer la meilleure route, définir leur stratégie, celle qui peut-être les amènera vers la victoire, à Saint Nazaire, en Loire- Atlantique.

© Arnaud Pilpré
© Arnaud Pilpré

Pour tous les figaristes, l’heure est à l’étude du parcours. Il s’agit d’étudier la météo, de définir sa stratégie. Pour cela, les marins sont aidés par leurs routeurs à terre. Chaque pôle d’entraînement s’adjoint en effet les services de ces spécialistes de la météo et de la tactique. Avec les marins, ils analysent et décortiquent chaque portion du parcours : éviter les pièges, anticiper les rotations de vents, les passages à niveau, identifier les petites ouvertures qui pourraient les mener à la victoire ; une préparation à terre et une anticipation essentielles pour les marins qui n’auront plus de contact avec la terre à partir de demain. En mer, fort de ces analyses, du bulletin météo communiqué par la direction de course chaque jour, des observations en temps réel et de son positionnement au sein de la flotte, chacun devra trancher et tracer sa route.

L’enjeu est à la fois simple et considérable car il s’agit, ni plus ni moins, d’inscrire son nom au palmarès de la course, d’entrer dans la légende de la course au large. “Sur La Solitaire du Figaro, rappelait Michel Desjoyeaux ce matin, triple vainqueur de l’épreuve et invité de l’évènement “La légende By Paprec”, le seul juge de paix, c’est la ligne d’arrivée, il faut toujours se battre. La solitaire du Figaro, ça a toujours été comme ça : un statut de favori ne suffit pas pour gagner. En voile celui qui gagne n’est pas forcément le meilleur, c’est celui qui aura été le plus inspiré, celui qui peut-être aussi, aura fait moins d’erreurs que les autres.

Actuellement, les cinq premiers au classement général provisoire se tiennent en une heure, les trois premiers, en seulement 19 minutes.

1 - Guillaume Pirouelle - Région Normandie

2 - Tom Laperche - Région Bretagne - CMB Performance - 0j 0h 14mn 46sec

3- Achille Nebout - Amarris - Primeo Energie - 0j 0h 19mn 59sec

4 - Benoit Mariette - Générations Senioriales - 0j 0h 39mn 8sec

5 - Tom Dolan - Smurfit Kappa - Kingspan - 0j 1h 1mn 0sec


Le parcours pour l’étape Royan - Saint-Nazaire :



Lorsqu’elle imagine et crée les parcours, plusieurs mois à l’avance, l’équipe d’organisation d’OC Sport Pen Duick envisage tous les scénarios possibles. Pour cette ultime étape, trois propositions avaient été retenues. Ce midi, en raison d’une dépression assez creuse, située sur le Golfe de Gascogne, générant de la houle et des vents forts, OC Sport Pen Duick, l’organisateur de La Solitaire du Figaro et son directeur de course Yann Chateau, ont choisi de lancer les 32 Figaro Bénéteau sur le parcours 3B.
Le départ de la troisième et dernière étape sera donc donné, demain à 12h00, devant le port de Royan : 640 milles devant les étraves pour rallier Saint-Nazaire, en Loire-Atlantique, via les côtes de la Galice en Espagne. Les bateaux commenceront à quitter le port à partir de 9h30.
La ligne de départ franchie, les skippers remonteront l’estuaire de la Gironde pour virer une bouée de dégagement au niveau de la pointe de Suzac, puis une bouée spectacle à la pointe du Chay, pour saluer une dernière fois le public Royannais. La flotte se dirigera ensuite vers le Bassin d’Arcachon, un point de passage déterminant puisque les trois premiers concurrents à passer la marque bénéficieront de la bonification en temps du Sprint Intermédiaire qui pourra être décisive pour le classement final avant de prendre le large pour viser les îles Farallones, à l’est de la Corogne, en Galice.
La remontée vers Saint-Nazaire, sur un bord, devrait être engagée avec des vents de Sud-Ouest entre 25 et 30 nœuds et une mer formée (la houle pourrait atteindre 4 mètres).
Après une longue cavalcade au portant de 24 heures, les premiers bateaux pourraient arriver à Saint Nazaire, en Loire-Atlantique jeudi dans la matinée. On connaîtra, alors, le nom du grand vainqueur de cette 53ème édition de La Solitaire du Figaro.

Ils ont dit :

Michel Desjoyeaux triple vainqueur de l’épreuve (Invité de l’événement “La Légende By Paprec”) :



Le parcours ici est franchement différent des deux premières étapes où il y avait beaucoup de proximité avec la côte, d’obstacles sur la route. Là, c’est plus une étape de large avec un aller-retour jusqu’à la pointe de l’Espagne, et très peu de marques de parcours. Le parcours va favoriser la vitesse pure - on a vu un Tom Laperche par exemple super à l’aise en vitesse - et une stratégie générale du large avec des prises d’options à long terme, peut-être un peu moins de “gagne - petit”. C’est plutôt sympa sur une dernière étape, ça peut amener assez vite des gros écarts.”

Guillaume Pirouelle - Région Normandie :



“Je suis pressé de partir ; on va, encore, avoir une belle étape ! Le début de la course est assez compliqué, stratégique et complexe. Une fois passé Farallones, ça va être plus musclé et rapide vers Saint Nazaire.

La bonification du Sprint Intermédiaire ? Oui c’est toujours bon à prendre mais pour l’instant, je n’ai pas encore réussi à en prendre une ! Mais, 5 minutes, ça peut suffire pour remporter la course, donc oui c’est important !

Je pars sans pression ; ma Solitaire est déjà super. Si je peux gagner ce sera incroyable, si je ne gagne pas, tant pis, je reviendrais. J’essaye de ne pas trop y penser parce que tout peut aller très vite sur une étape de La Solitaire : des gens qui sont à une heure peuvent revenir vite, on l’a vu sur l’étape entre Port-La-Forêt et Royan. On verra… mais oui, je suis boosté à bloc, ça va être bien !


Violette Dorange - DEVENIR :



“Je suis très satisfaite de mes premières étapes, je me sens à l’aise, libérée et bien dans ma course. J’appréhende cette troisième étape comme toutes les autres. Après deux étapes plus côtières, ça va faire du bien de changer de vision sur cette étape de large avec deux traversées du Golfe de Gascogne. Pour l’instant, les conditions sont annoncées assez toniques avec notamment un retour dans du vent fort : Il faudra veiller à préserver son bateau et ne pas casser. Les parcours des deux premières étapes étaient intéressants et très tactiques. Là, le grand large, c’est quelque chose de moins habituel sur la course mais personnellement j’aime bien ce sentiment de partir loin.
Cette escale à Royan est vraiment très spéciale pour moi [Violette vit à 20 minutes de Royan- ndlr]. Ça me fait trop plaisir d’être ici, en course et en Charente-Maritime ! ça me rappelle beaucoup de souvenirs ; j’ai fait beaucoup de compétitions d’optimist ici à Royan, il n’y a pas si longtemps. Toute ma famille a pu venir, le public est génial, on a un superbe village, cet accueil fait vraiment chaud au cœur. Il y a un bel engouement pour la course au large en Charente-Maritime ; j’espère qu’on aura l’occasion d’y revenir très vite.”



Loïs Berrehar - Skipper MACIF 2022



C’est une étape différente. Sur le papier c’est une étape, au large, un format que j’aime bien. Sur les deux étapes précédentes, j’étais bien dans le tempo et content de la façon dont j’ai navigué même si malheureusement, j’ai, à chaque fois, perdu la tête de flotte la dernière nuit avant l’arrivée. Mais je ne suis pas abattu, je suis d’autant plus motivé pour faire un score sur cette dernière étape.

La météo est encore un peu incertaine pour descendre jusqu’en Espagne. On va travailler sur le sujet cet après-midi pour étudier la route optimale. Ensuite, on va revenir dans un vent très fort. Sur le haut de la pile, je mettrais pour cette étape, la gestion du bonhomme et du matériel pour ne rien casser et en termes de navigation, on va passer en “mode pilotage”. Les dernières 24h vont être sportives ; il va falloir garder du jus pour rester alerte et réactif et tenir jusqu’au bout. Mon objectif ? Arriver à Saint Nazaire en ayant tout donné !”

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