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Mots du bord ÉTAPE 2 // 31 août

Publie le 31/08/2021

Impressions des marins après 48h de course :

Gildas Mahé (Breizh Cola) : « Je suis actuellement dans le traditionnel Grand Russel, le chenal entre Guernesey et Sercq. On a du jus dans le bon sens, mais on tire des bords. Depuis hier, on a encore re-sorti les piolets pour remonter. Une fois de plus, on n’a pas les remontées mécaniques sur cette étape ! Je n’ai pas compté les virements de bord, mais ce sera intéressant de regarder sur la carto. Une chose est sûre, on les enchaîne, notamment au niveau de Portsall, où on a dû en faire une belle série. Ce n’est pas de tout repos. Depuis la pointe Bretagne, la partie stratégique est vraiment grande ouverte jusqu’au raz Blanchard. Dans ce contexte, la moindre petite oscillation ou petit décalage entre le Nord et Sud peut faire une grosse différence en distance et en temps. Depuis hier, il fallait jouer ses coups à fond. J’ai été un petit trop mitigé. J’ai vraiment hésité à jouer plus au large, mais je m’en sors pas mal. Je suis bien content d’être là ; et la suite, c’est le raz Blanchard, pile à la renverse de courant. On verra bien ce qui s’y passe… »

Tom Laperche (Bretagne – CMB Performance) : « On est dans le Big Russel, le chenal du côté de Guernesey. On se dirige vers la raz Blanchard, au près, dans du vent soutenu pour contourner la presqu’île du Cotentin. Normalement, on devrait avoir le courant avec nous pour une bonne partie de l’après-midi. Il ne faut pas perdre de mètre maintenant, ça vaut le coup de mettre du charbon. Je suis content de certains choix, mais pas de tous. La nuit dernière, je suis retourné à terre à un moment donné. Je pensais que c’était bien, mais en fait Pierre Quiroga est parti trois milles devant. »

Xavier Macaire (Groupe SNEF) : « Je suis un petit peu en galère depuis la nuit dernière. Je me suis retrouvé bloqué dans un casier vers 23 heures, j’ai mis longtemps à m’en sortir. J’ai essayé de le dégager avec ma canne à algues, mais c’était impossible de l’attraper. Il bougeait dans tous les sens avec les mouvements du bateau. Il était enroulé autour de la quille. Au final, j’ai été obligé de plonger pour le couper. J’ai affalé le génois, je me suis équipé de ma combinaison, de mon masque, d’une lampe frontale étanche. J’ai pris la balise AIS (système de géolocalisation par VHF, ndlr). Il m’a fallu un petit moment pour prendre mon souffle et trouver le courage de plonger sous l’eau, sous la quille. Je me suis concentré pendant 20 secondes et j’y suis allé. Effectivement, un cordage était coincé assez profond, plutôt dans le bas de la quille. Tout cela a généré beaucoup d’émotions, un peu de stress de devoir plonger de nuit et pas mal de terrain perdu. À cela s’ajoutent des problèmes d’ordinateur : je n’ai plus la navigation, les routages, la météo, la stratégie… Je suis donc resté sur la stratégie initiale qu’on avait étudiée avant le départ mais ce n’est pas terrible. Je suis passé à l’Ouest de Guernesey, alors que pas mal de concurrents sont passés par l’Est. J’ai encore reperdu sur ce coup-là. Mais il reste encore un peu de route, je m’accroche et je vais essayer de bien tenir le rythme jusqu’à l’arrivée. Je vais bientôt passer le raz Blanchard, et j’avance vers Fécamp ! »

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