FRENG

Actualités

Francesca Clapcich : « La Solitaire est la compétition la plus dure à laquelle j’ai participé »

Publie le 02/09/2021

Avec un titre de championne du monde de 49er FX, 2 participations aux Jeux Olympiques en 2012 et 2016 et un tour du monde à bord du VOR Turn the Tide on Plastic aux côtés de Dee Caffari lors de la Volvo Ocean Race 2017 – 2018, l'Italo-Américaine Francesca Clapcich (Fearless - State Street Marathon Sailing) n'est pas vraiment une novice en matière d'excellence vélique. En participant pour la première fois à La Solitaire du Figaro, elle découvre pourtant un univers d'une exigence inédite.

« Après les Jeux de Rio en 2016, où j’ai raté de peu une médaille olympique, je cherchais de nouvelles opportunités de naviguer, de façon différente. On m’a offert la possibilité de participer à la Volvo Ocean Race, ce qui m’a permis de découvrir l’univers de la course au large, dont je suis tombée amoureuse », explique Francesca. « Cette découverte m’a encouragé à lancer une campagne pour participer aux épreuves mixtes de course au large qui devaient se dérouler aux Jeux Olympiques de 2024. Ces épreuves ont malheureusement été annulées mais il se trouve que le bateau sur lequel j’avais commencé à m’entraîner était un Figaro Beneteau 3… Cela m’a donné l’idée de venir m’entraîner en France où le niveau est le plus élevé en matière de course au large ». Avec l’Américain Jesse Fielding, un autre bizuth du plateau de cette 52e édition de La Solitaire du Figaro, Francesca décide de participer aux épreuves du circuit. Solo Maître CoQ, Solo Concarneau, Tour de Bretagne, l’Italo-Américaine enchaîne les régates préparatoires à ce qu’elle considère comme la Graal de la course au large.

Cette course est vraiment brutale

« C’est incroyable comme cette course est difficile. C’est la course la plus dure à laquelle j’ai jamais participé » avoue la navigatrice professionnelle au terme des deux premières étapes de cette édition 2021 qu’elle a respectivement terminée à la 26e et 33e places. « Les 34 skippers qui prennent le départ de cette course donnent tout, du début à la fin. Ils n’abandonnent jamais, ne serait-ce que le moindre mètre. C’est très dur d’y participer, particulièrement pour les bizuths dont je fais partie et qui découvrent ce format. Je n’ai pas eu vraiment l’opportunité de m’entraîner en France et de comparer ma vitesse aux autres bateaux. C’est ce qui rend les choses particulièrement difficiles pour moi sur cette Solitaire du Figaro car faire avancer mon bateau au meilleur de son potentiel me demande encore beaucoup d’efforts. Du coup, je ne mobilise pas cette énergie pour développer une meilleure stratégie. Cela m’a mise en retard à certains passages cruciaux de la course où j’aurais pu arriver un peu plus tôt, avant la renverse du courant. Je me suis retrouvée parfois à lutter contre lui en faisant du surplace. J’avais envie de pleurer…Je me demandais vraiment comment m’en sortir. C’est vraiment brutal parfois. Il faut attaquer sans cesse. Dès que l’on va dormir, on perd du terrain… »

Christophe Breschi
Christophe Breschi

Entre joie et douleur

L’Italo-Americaine admet pour autant qu’aussi dure qu’elle soit, La Solitaire du Figaro lui a apporté de la joie dans la douleur. « Il y a des moments vraiment magiques comme lors de la descente vers le plateau de Rochebonne, au début de la deuxième étape. Les sensations de vitesse étaient fantastiques. C’était vraiment de la belle navigation. Et puis j’aime me préparer avant les étapes, penser à la stratégie que je vais mettre en place pendant la course… La Solitaire du Figaro est pour moi une course des extrêmes où les émotions vont du rire aux larmes. Même si je suis globalement heureuse de la façon dont j’ai géré mon sommeil sur ces deux premières étapes, j’ai suis vraiment allée chercher loin dans mes ressources, au point de ne plus entendre l’alarme ou de rêver que j’étais en train de naviguer, ce qui provoque à chaque fois une petite panique quand je me réveille. L’épuisement me faisait parfois perdre la notion de limite entre le rêve et réalité... »

Tags

No tags were found

Share