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PAROLES // Armel Le Cléac’h : « Une victoire avec la manière »

Publie le 08/09/2020

Vainqueur de la deuxième étape de La Solitaire du Figaro devant Sam Goodchild et Yann Eliès, Armel Le Cléac’h s’est emparé du même coup des commandes du classement général. A l’arrivée au ponton à Dunkerque, le skipper de Banque Populaire a confié sa satisfaction.

Sept ans que tu attendais cette victoire d’étape, cela t’a semblé long ?
Oui, c’est vrai, la dernière fois que j’avais gagné, c’était en Espagne (à Gijon en 2013). J’avais refait La Solitaire du Figaro l’année dernière, mais ça ne m’avait pas réussi, je n’étais pas loin sur la dernière étape, mais c’est Eric Péron qui s’était imposé. Je suis super content, c’est certes une septième victoire d’étape, mais c’est surtout une belle victoire d’étape, avec la manière, elle a été construite stratégiquement, et après, il y a eu la bonne vitesse, tout a été bien jusqu’au bout, je suis 100% satisfait.

Tu disais ce matin que tu avais retrouvé le feeling de 2010 quand tu avais gagné trois étapes puis ta deuxième Solitaire, faut-il s’attendre à la même chose cette année ?
Je ne sais pas, mais c’est sûr que j’ai de bonnes sensations à bord, J’ai le sentiment d’être en harmonie avec le bateau, avec la stratégie, mais aussi d’être bien en vitesse, un domaine dans lequel j’avais un peu péché sur la première étape. J’ai réussi à faire ce que je voulais. J’étais bien en phase, quand je suis passé en tête à Eddystone, j’étais content de ma stratégie, ça m’a mis en confiance pour la suite. Derrière, ce n’était pas simple, il n’y avait pas beaucoup de vent pour attaquer les côtes sud anglaises, ça revenait un peu par derrière, finalement, c’est reparti par devant. Et là, je me suis accroché, j’ai beaucoup barré, en essayant de tirer les bons bords, je n’ai pas forcément pensé à marquer les autres, parce que c’est souvent comme ça qu’on se fait rattraper, j’ai réussi à creuser. La nuit dernière, j’étais bien content en passant la bouée A8, au large d’Antifer de ne plus voir grand-monde derrière. Ça fait du bien au moral de gagner, parce que ça faisait un petit moment qu’il n’y avait pas eu une victoire sur Banque Populaire. Il y avait une année 2018 très difficile, l’année 2019, c’était la reprise avec Le Figaro, j’avais gagné la Solo Concarneau, mais une victoire d’étape sur La Solitaire du Figaro, c’est un cran au-dessus. Je me retrouve en tête au général à mi-parcours, on va continuer comme ça, l’objectif est toujours le même, c’est-à-dire prendre étape après étape, comme je l’ai fait jusqu’à maintenant.

Avec cette place de leader au général, ton objectif est-il plus que jamais de rentrer dans le cercle des triples vainqueurs de La Solitaire du Figaro ?
L’objectif est de continuer à bien naviguer aux avant-postes, comme j’ai pu le faire en partie sur la première étape, totalement sur la deuxième. Je pense qu’il y aura un vrai bilan à tirer au bout de la troisième étape, il nous restera alors un sprint, on verra le classement général et les écarts à ce moment. Là, on est encore loin de Saint-Nazaire, il y a une étape qui s’annonce très difficile, on a deux étapes dans les pattes, un peu de fatigue qui s’accumule. Et avec le classement général qui commence à se dessiner, certains vont jouer un peu différemment, on verra. C’est sûr que je ne peux pas être mieux placé, mais il reste un gros bout de chemin à parcourir.

Cette troisième étape ressemble à une étape de haute montagne, non ?
Oui, ce sera le grand parcours dans tous les cas, avec beaucoup de pièges, le Raz Blanchard, le Raz de Sein, le Four, tout le monde connaît bien, mais ce sont des endroits qui peuvent être compliqués. Et puis une arrivée à Saint-Nazaire qui peut être difficile. Donc oui, sur cette étape, il y a plusieurs cols hors catégorie.

Tu as fini avec 35 minutes d’avance sur Sam Goodchild, qu’est-ce que cela t’inspire ?
C’est pas mal, j’en avais un peu plus à un moment, c’est revenu un peu par derrière, mais c’est toujours bon à prendre. On sait que sur La Solitaire du Figaro, ça peut se jouer à pas grand-chose. Il y aura peut-être une étape totalement décisive qui va tout chambouler, on verra, mais c’est bien de prendre la tête et d’avoir un petit matelas sur les poursuivants. Maintenant, on regardera ça demain à tête reposée, j’ai besoin de me reposer, je suis bien fatigué, c’était une étape assez courte, mais je n’ai pas beaucoup dormi. La première nuit, j’étais vraiment sur le placement pour essayer de passer en tête à Eddystone, ensuite, j’ai beaucoup barré, donc il va falloir récupérer.

Ça veut dire quoi « pas beaucoup dormi » ?
J’ai dû faire deux siestes la première nuit, trois-quatre de vingt minutes la deuxième journée et voilà. J’ai essayé d’en faire une tout à l’heure, parce que je commençais à avoir les yeux qui se fermaient tout seuls, mais le vent est rentré, donc j’ai tenu avec l’adrénaline, je me suis passé la tête sous l’eau, et le fait que la ligne d’arrivée approche aide à tenir.

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