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À rebrousse Manche sur des trajectoires divergentes

Publie le 31/08/2021

Depuis hier et la sortie du Four, la flotte de La Solitaire du Figaro progresse en Manche, qu'elle doit remonter des cailloux bretons jusqu'aux falaises normandes en passant par quelques points stratégiques, à commencer par Guernesey et les Anglo-Normandes. À rebrousser vents et courants sur une mer très désordonnée, les 34 solitaires tricotent, à 6-6,5 nœuds de moyenne environ, leur trajectoire sur des routes divergentes. En témoignent les 10 milles qui séparent en latéral, ce matin, Pierre Guiroga (Skipper Macif 2019), pointé en tête, et Tom Laperche (Bretagne – CMB Performance), 5è, positionné plus près des côtes.

Si, ce matin, elle s’éparpille un peu dans tous les sens au large des côtes d’Armor, la flotte n’en demeure pas moins très compacte “en distance au but”, alors qu’il reste 145 milles à courir à Pierre Quiroga pour rallier la ligne d’arrivée à Fécamp. Pour autant, tout laisse croire que les animateurs du groupe de tête n’ont sans doute pas fini de s’échanger les places dans les lignes des classements, avec des écarts qui risquent de se faire et se défaire en approche de la pointe du Cotentin en fonction de leur position sur le plan d’eau.

Les petites misères de Macaire

De son côté, le vainqueur de la première étape, Xavier Macaire (Groupe SNEF) qui progresse dans les quartiers Sud, aux abords de l’entrée de la baie de Saint-Brieuc, concède un peu de terrain. La faute à un casier, qui s’est coincé dans la quille de son Figaro Bénéteau 3 hier soir. Après avoir alerté le bateau Direction de course qui est resté à proximité, vers 23h30, il a bien dû se résoudre à plonger pour s’en débarrasser. En 15è position ce matin, en dépit de la poignée de milles perdue dans la bataille, il progresse désormais à une vitesse plus conforme à son statut de leader au classement général. Sur le plan d’eau, le flux de Nord-Est souffle toujours de façon soutenue (environ 20 nœuds) et devrait accompagner les solitaires jusqu’au cap de La Hague, où ils sont attendus vers 18/19 heures ce soir, avant une arrivée à Fécamp dans la matinée mercredi.


Joints à la VHF ce matin depuis le bateau médias :

Tanguy Le Turquais (Quequinner- Innoveo) : « Les conditions ne sont pas simples avec une mer courte. Ce n’est pas très agréable, d’autant qu’on a enchaîné les virements à contre courant le long de la côte bretonne. Ça a bien tapé dans le bonhomme. Là, je suis bien fatigué mais j’essaye d’enchaîner les petites siestes. Mais le bateau va quand même plus vite quand on est à la barre, donc il ne faut pas la lâcher non plus. En termes stratégiques, mon parti-pris a été de mettre un peu moins le courant en haut de la pile et de me placer pour attraper un vent qui doit tourner plus à gauche. Cela a été le cas sur un bord, j’ai bien pu recoller à Fabien Delahaye. Je pense revirer dans la matinée et faire route vers Guernesey. La flotte reste malgré tout assez compacte. Dans ma tête, j’essaye de rester dans le top dix, pour voir ensuite si je peux gratter quelques places pour faire mieux. Sur la Solitaire, il ne faut jamais oublier sa petite batterie interne et ne pas tout donner à chaque étape, au risque de finir sur les rotules. En tout cas, j’espère qu’on entame ce matin les dernières 24 heures de course. Ce serait vraiment bien parce que là, sur cette deuxième étape, c’est vraiment très compliqué de se reposer ! »

Pierre Quiroga (Skipper Macif 2019) : « Je sors juste d’une petite sieste. On a beaucoup travaillé hier depuis le raz de Sein. Il a fallut trouver des réglages faciles pour le bateau afin de s’accorder un peu de repos. On a le courant contre le vent qui lève une mer désordonnée qui complique beaucoup les choses. Ma stratégie n’est pas encore totalement définie, j’ai perdu beaucoup de monde à l’AIS (système de géolocalisation des bateaux par VHF, ndlr) Je vais attendre le petit matin pour voir comment ça se décide, mais je suis plutôt parti sur une option Nord en approche de Guernesey et des Anglo-Normandes. En tout cas, j’ai l’impression qu’on a fait le plus dur, le plus technique. Malheureusement, ce n’est pas parti par devant pour moi, mais c’est plutôt revenu par derrière. Mais maintenant, faut serrer les dents pour rester devant jusqu’à Fécamp ! »

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